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La Flore du RevermontLe territoire de la commune de Treffort-Cuisiat présente une grande variété de biotopes ; richesse permise par une situation entre plaine et montagne, une présence humaine et une agriculture anciennes. Chacun de ces milieux particuliers héberge une société végétale originale. Les sols de Treffort-Cuisiat, côté collines, se sont constitués à partir de la roche-mère calcaire. Ils sont par conséquent généralement à tendance basique (PH = ou >7), peu profonds, légers voire secs sur le relief. Ainsi, la flore y est essentiellement calcicole et xérophile. Pourtant, en pied de côte, dans les fonds, les combes, ou côté Bresse de la commune, les argiles ont été lessivées par les eaux de pluie depuis suffisamment longtemps pour avoir été décalcifiées (Bois de Treffort, vallon de la Plate, Mont-sur-vigne , Bois de la Côte). Ainsi, la végétation clairsemée et rabougrie des pelouses sèches, des crêtes et des coteaux recuits de soleil (lande sèche de la Cabatanne, Prairie des Esses de Treffort) contraste avec celle, haute et luxuriante, des bords des ruisseaux, sources et fonds de vallées ombragées (en Fumar, bords du Nacartan)…. Les activités humaines ont aussi modifié l’environnement. Dans le Revermont, la vigne a été cultivée pendant plus de mille ans, puis abandonnée au profit des pâturages, des bois ou de la friche. (pâturages des Esses, friches et bois de pins). Les carrières ont entamé le modelé des collines, détruit le sol et les plantes. Les plus anciennement abandonnées sont lentement colonisées par le végétal (carrières abandonnées des Esses de Treffort). A l’est de Cuisiat et Treffort, le relief s’élève très vite. La crête de Lhomont culmine à plus de six cents mètres. A proximité, le Mont Nivigne, jamais totalement défriché, dernier refuge des ours dans l’Ain au début du XIXème siècle. Aujourd’hui, les bois sombres de la Côte et de Mont-sur-Vigne forment un sanctuaire pour le grand gibier. Essences forestières : chênes, hêtres, merisier, érables, tilleuls, épicéas, frênes y prospèrent grâce aux sols riches et profonds. Au mois de juin, le randonneur un peu fureteur pourra y admirer les splendides lis Martagon. Le nerprun des Alpes fait sont apparition et sur l’Ubac qui descend du Signal de Nivigne à Dancia, la flore est quasi montagnarde ! Les crêts, sommets des collines de La Cabatane et de Montcel, contrastent radicalement : on y découvre un paysage ouvert, traversant des landes et pelouses sèches sur lesquelles des plantes rares ont su s’adapter et se maintenir comme ces merveilleuses orchidées dont la fleur imite un insecte (Ophrys abeille, bourdon, araignée, mouche…) ou la drave (Draba aizoides) Sur les coteaux de la route des Esses et du Montcel, autour du Peloux, subsistent quelques pâturages sur les friches de l’ancien vignoble. Les plantes sauvages semblent regagner inexorablement ces terrains d’anciennes cultures. Les murgers (murger du Montcel et de Mont-sur-vigne) disparaissent lentement sous les ronces et autres « épines » : épines noires : prunelliers mahaleb et pelossier, épines blanches : aubépines monogyne et à 2 styles (lisières, bord des chemins et haies). Le buis y prospère avant le chêne et le noisetier. Les frênes, derniers acteurs de cette reconquête végétale, finiront même par étouffer les robiniers faux-acacias. On y rencontre une flore adaptée au calcaire et à la sécheresse telle l’aster amelle, plante protégée et pourtant si commune sur cette station. Le promeneur attentif remarquera sûrement le retour des ormes champêtres qui tentent de résister à la graphiose, maladie cryptogamique qui les décima tous dans les années 90. L’if et le cornouiller mâle, croisés sur les chemins de Montcel, sont les vestiges de plantations anciennes. Quant à l’exotique plaqueminier de la Peyrouse, c’est probablement à la fantaisie d’un des propriétaires du château que l’on doit son existence. Côté plaine, les sols sont composés d’argiles imperméables. Les bois de Treffort sont quasi marécageux. Une graminée (on dit aujourd’hui poacée), la molinie, appelée aussi « herbe à fromage » ou rosat, y prospère ; à tel point qu’elle étouffe parfois les jeunes plantations d’arbres de renouvellement de la forêt : pins sylvestres, chêne américain, pin Weymouth, Douglas, Mélèze. On reconnaît cette grande herbe, l’hiver, à ses longues pailles jaunes et raides qui persistent jusqu’au printemps. Plus prestigieuse, l’osmonde royale s’y plait également en compagnie d’autres fougères moins voyantes mais tout aussi belles. Au bord des étangs des Pilles et de la Grange du Pin, le naturaliste reconnaîtra les roseaux massettes et la petite centaurée (en fait une espèce de gentiane) utilisée autrefois pour guérir les fièvres. La biodiversité est un concept contemporain et sa préservation constitue un enjeu majeur pour les sociétés occidentales. La flore de Treffort-Cuisiat, remarquablement variée et riche de quelques raretés est capable d’illustrer concrètement ces notion et valeur ! Martine Delhommeau
Un cédérom sur les plantes du RevermontUne association locale, "les Amis de Treffort-Cuisiat" (Coordonnées de cette association), a édité un cédérom sur les plantes du Revermont. Ce cédérom intitulé « 201 plantes du Revermont » a été réalisé par une équipe de bénévoles, passionnés de botanique ou d’informatique, ou les deux à la fois. Les plantes choisies sont pour la plupart communes, relativement discrètes et pourraient paraître insignifiantes. Les auteurs ont tenté d’en révéler les dons et les charmes. Ce cédérom est présenté avec plus de 300 illustrations et neuf entrées possibles : Noms français, noms latins, noms populaires, familles, biotopes, mois de floraison, usages, formes biologiques, toxicité. Lexique et annexes. 3200 liens hypertextes permettent une recherche rapide et complète. Il peut se consulter uniquement sur PC 95/98 et supérieur, à partir des navigateurs « Internet Explorer » et Netscape Navigator » versions 4 et suivantes. « 201 plantes du Revermont » est en vente au prix de 12 € au bureau de tabac de Treffort, à la librairie Montbarbon à Bourg en Bresse et à l'Office de Tourisme de Bresse en Revermont. Il peut être expédié au prix de 13,50 € à régler par chèque bancaire ou postal à : Association des Amis de Treffort-Cuisiat – Mairie - 01370 TREFFORT-CUISIAT
Les orchidéesTexte de Michel Perroud Orchidée, ce nom évoque des fleurs venues de pays lointains. Pourtant, dans nos régions les orchidées poussent à l'état sauvage dans les prairies, sur les talus ou dans les sous-bois. Même si elles n'ont pas le panache de leurs semblables exotiques, les orchidées de notre région n'en sont pas moins attirantes de par la variété de leur forme, leur couleur, leur ressemblance à des insectes, leur diversité. Certaines espèces poussent en abondance mais il en est d'autres qui sont parfois très rares, parfois même disparues. Aussi faut-il toutes les protéger, même si elles ne sont pas répertoriées dans la liste officielle de la protection des végétaux. Dans l'Ain, une soixantaine d'orchidées différentes ont été recensées, dont plus d'une vingtaine dans notre commune. Qu'est-ce qui caractérise les orchidées ? La partie aérienne des orchidées se compose de feuilles entières, nervurées, parfois réduites à l'état d'écailles, d'une tige et d'une inflorescence qui peut être unique mais le plus souvent en épi. Ce dernier peut être lâche ou serré, sphérique, pyramidal, spiralé, etc. La fleur est irrégulière (zygomorphe). Elle est composée de 3 sépales et de 3 pétales. Les sépales sont souvent de même couleur et de même forme que les pétales (sépales pétaloïdes). Les 2 pétales latéraux sont semblables tandis que le 3° est différent et prend le nom de "labelle". Il est généralement en bas, suite à une rotation de la fleur de 180° (labelle infer). Le labelle peut être constitué d'une seule pièce ou divisé par une ou plusieurs échancrures qui forment ainsi plusieurs lobes. Certaine orchidées secrètent un nectar pour attirer les insectes. Ce nectar est stocké dans une réserve, à la base du labelle, appelé "éperon". D'autres orchidées ont développé tout leur savoir-faire en matière d'élégance pour ressembler à des insectes et ainsi inviter les males à copuler. L'insecte se pose sur ce leurre et, en cherchant à s'accoupler ou à butiner, dégage des masses de pollen (pollinies) qui viennent se coller sur sa tête ou son abdomen. Ainsi, il ira féconder les autres fleurs qu'il ira visiter. Dès qu'une fleur est fécondée, elle se fane aussitôt. L'ovaire arrivant à maturité peut donner à lui seul plusieurs milliers de graines. mais seules quelques unes germeront. La particularité de cette graine d'un millionième de gramme (une des plus petites au monde) est qu'elle est infestée par un champignon qui permet sa germination. La croissance des orchidées ne peut s'effectuer que grâce à l'intervention de ce champignon microscopique qui vit en symbiose avec la plante dans sa partie souterraine. La reproduction des orchidées d'une année sur l'autre se fait aussi par des organes souterrains qui ont l'apparence soit de bulbes entiers ou palmés, soit de souches stolonifères ou de racines en massue, en corail, en nid d'oiseau. La couleur des orchidées varie d'une variété à l'autre mais on peut trouver une orchidée blanche alors que la majorité est rose vif. Les photos suivantes sont tirées du cédérom "201 plantes du Revermont". Elles sont publiées avec l'aimable autorisation de l'association "les Amis de Treffort-Cuisiat" et sont sa propriété.
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